• Voyage au fil de la Danse en Cercle par Geneviève Feltz

    1. Danser en cercle

    par Geneviève Feltz - tiré de son mémoire de formation de danse-thérapeute

    Après ce voyage, nous comprendrons alors pourquoi danser en cercle, amène à être plus centré en soi, plus ouvert, plus réceptif, à communiquer au-delà des mots avec les autres, avec la nature, avec la planète, avec la Vie en Soi et dans le monde.

    La danse circulaire offre à chacun l'occasion de s'ouvrir à titre individuel à toutes les énergies disponibles, de se relier aux autres, de travailler en tant que groupe pour recevoir consciemment des énergies et les retransmettre à l'extérieur.

    Voyage au fil de la Danse en Cercle

    Chacun a sa place dans le cercle, sans aucune hiérarchie, personne n’est en avant, personne n’est en retrait… Chacun est responsable de son rayon et, devenant partie d’un ensemble plus grand, c’est ensemble que nous mettons le cercle en mouvement... Par leur simplicité et leur qualité vibratoire, ces danses nous invitent à ouvrir notre cœur. C'est ce qui me touche et c'est ce que j'ai envie de développer autour de moi.

    A propos de ces danses France Schott-Billmann dira:

    «Elles sont marquées intensément par le relationnel: on ne danse pas seul mais en groupe, en relation à l'autre, aux autres, à la musique. Elles offrent le plaisir de danser ensemble, de partager un élan, une vibration collective et une gestuelle codée, commune à tout le groupe, en résonance musculaire».

    Cette pratique est très nourrissante pour moi. Ce qui me touche en premier lieu sont la musique et la gestuelle symbolique. Enfin, j'apprécie le ressenti vibratoire. Danser en cercle permet un échange relationnel. Tous les regards convergent, je ressens une extraordinaire unité et communion.

    La notion de partage est importante et par conséquent j'ai très envie de partager avec d'autres ce plaisir qui m'habite à ce moment-là. J'éprouve une grande satisfaction et beaucoup de gratification à transmettre ces danses car je vois combien les gens sont plus conscients, heureux et détendus.

    Voyage au fil de la Danse en Cercle

    Ces danses nous sont transmises lors de cours hebdomadaires, de stages, de festivals ou grâce à des DVD. Il y a aussi beaucoup de vidéos sur internet aujourd'hui ou sur des sites d'animateurs qui aiment partager leurs danses. En Amérique du Sud et notamment au Brésil la danse en cercle est très populaire. Elle est vue comme thérapeutique et se pratique à grande échelle dans les parcs de la ville, dans les centres sociaux, centres de rééducation, auprès d'adolescents... Dans ces pays, cette pratique est reconnue au niveau gouvernemental , elle est extrêmement fédérée. En revanche, en Europe, elle est très marginale, confidentielle et  connue souvent seulement par des individus en "recherche spirituelle". Nous avons pour objectif de faire découvrir cet outils merveilleux à un public beaucoup plus large en France.

    J'ai commencé ma formation ESEC par les stages sur le groupe et à chaque fois que la formatrice évoquait le mot «groupe» je pensais et voyais «cercle».

    Voyage au fil de la Danse en Cercle

    Très rapidement, lorsque la question du Travail de Fin de Formation s'est faite jour, il a donc été tout aussi évident que passionnant pour moi de réfléchir au lien entre les Danses en Cercle qui m'animent tant et la structuration psycho-corporelle.

    Voyage au fil de la Danse en Cercle

    2. Visite au cœur d'un atelier de Danse d' Harmonisation ( par Geneviève Feltz)

    Dans notre pratique, nous nous inspirons des danses sacrées telles qu'elles sont enseignées par la communauté de Findhorn. Nous nous inspirons aussi de nombreuses danses de cultures traditionnelles du monde entier (danses des Balkans, d'Europe centrale, d'Israël, de Russie...). Nous apprécions le folk ainsi que les danses traditionnelles de France. Certaines chorégraphies sont récentes et créées sur des musiques classiques ou plus contemporaines de notre propre inspiration ou d'autres animateurs. Notre pratique de la méditation de Pleine Présence (Christophe André, Eckhart Tolle et Thierry Janssen) et d'enseignements comme ceux de Isabelle Padovani (Communification - Communication Non Violente) ou Pascal Hastir (accompagnement en Pleine Présence) influencent aussi notre approche.

    Je débute toujours une séance par une danse très simple (qui ne nécessite pas d'explications préalables) la plupart du temps, en chaîne. Cette danse qui permet aussi de se rassembler, laisse la possibilité aux retardataires de s'y accrocher sans déranger les personnes qui se donnent déjà la main.

    Vient ensuite un temps d'exercices. Entre les danses nous pouvons proposer des temps de ressenti corporel, des retours à l' ici et maintenant. En général, les apprentissages se font dans la première moitié de l'atelier en privilégiant les danses rythmées ou festives. Sur la musique nous faisons tous ensemble le «brouillon» de la chorégraphie et nous pouvons alors apporter des modifications, des subtilités afin d'être plus dans l'harmonie. Nous donnons des indications quant à l'intention de la danse et à la symbolique de la gestuelle. L'atelier se termine toujours par une ou plusieurs danses calmes, faciles (c'est la fin de la matinée) ou une danse très intense au niveau musical ou symbolique. Et enfin, nous soufflons tous ensemble les bougies pour se dire au revoir.

    Les pas de toutes les chorégraphies sont simples et ne nécessitent pas d'expérience préalable. Ils sont expliqués avant chacune. Nous faisons au moins deux fois chaque danse, le but étant davantage centré sur le plaisir et dans le vécu que dans un esprit de «consommation». La répétition a aussi cette fonction rassurante qui sied bien aux personnes hésitantes ou débutantes...

    Le respect de l'authenticité des danses et la perfection technique ne sont pas l'objectif principal. Dans l'esprit des Danses Sacrées de Findhorn, «la forme peut changer et les danses évoluer avec nous car l'évolution fait partie de la nature humaine».

    L'exactitude des pas n'est pas essentielle : c'est ce qu'on vit à travers eux qui compte. Et pourtant, en même temps, les pas sont importants : en faisant tous ensemble les mêmes mouvements, nous dessinons des mandalas, une structure vivante et c'est cette structure qui attire des énergies particulières. Quand la structure est modifiée, l'énergie est modifiée.

    En outre, il est important que chacun danse le mieux qu'il peut, car si nous n'avons pas le désir de la perfection, nous ne canalisons pas la perfection.

    Et en même temps, nul besoin de se forcer à être aussi bien que les autres on est comme on est, on danse comme on danse : c'est quand chacun dans le cercle est simplement heureux et centré qu'il ajoute quelque chose au groupe.

    Certaines personnes apprécient la danse libre et n'aiment pas danser en cercle, pour d'autres ce sera le contraire. Danièle me témoignait: «J'ai fait un jour un atelier de danse libre mais je me suis sentie rapidement mal à l'aise, limitée, je ne savais plus quoi faire. Tandis que danser en cercle me fait du bien, on se laisse porter, c'est structuré, il est bon de faire tous pareil...»

    Le cercle définit un extérieur, un intérieur. Comme le groupe, il a cette fonction contenante. Souvent, les danseurs témoignent de l'importance de ce sentiment de protection, de réassurance et de communion. Pour danser en cercle, il faut être capable de pouvoir tenir compte de l'autre. Et en même temps, on perd, on lâche quelque chose de son individualité pour faire groupe, voire on perd en liberté!

    Il est possible selon les chorégraphies de danser avec ou sans se donner les mains. Ce n'est pas la même chose, la même énergie. Les danses d'origine tzigane par exemple dansées autrefois autour du feu se dansent sans se tenir les mains et dans une forme circulaire plus ou moins bien définie. Dans ce type de danses, liberté et expressivité sont plus importantes. Nous pouvons noter que lorsque le cercle se déstructure, la liberté augmente au détriment de la cohésion.

    3. Au milieu du cercle

    Il n'y a pas de cercle sans centre comme nous l'avons vu plus haut et le centre de nos rondes est toujours représenté par un mandala. Ce dernier est d'ordinaire composé des quatre éléments «eau, terre, air, feu». J'éprouve un grand plaisir à réaliser ces «centres» qui sont toujours différents: une ou des bougies, une fleur, un bouquet, des minéraux... toujours une composition originale. (Cf annexes)

    Voyage au fil de la Danse en Cercle par Geneviève Feltz

    Il arrive parfois qu'une personne se propose de s'occuper du centre pour l'atelier suivant. Et nous pouvons constater combien ces danses permettent aussi l'émergence d'une créativité inédite qui fait l'admiration de tous!

    Beaucoup de regards se posent sur la composition centrale pendant les danses. Pour ma part, le sens de la vue ainsi sollicité permet de me recentrer et d'être totalement dans l'ici et maintenant.

    Dans nos danses, la valeur symbolique du centre représente l'intériorité de l'être, le moi profond, la source. Il est évoqué, quand cela est le cas, lors de l'annonce de l'intention de la danse et les danseurs se dirigent vers ce point avec beaucoup de conscience et d'émotions. Il serait trop long dans ce cadre de détailler cette symbolique.

    La plupart du temps lorsque je montre les pas (idem pour les dispositifs corporels), j'évolue à l'intérieur du groupe. Il ne faut pas y voir un intérêt égocentrique mais plutôt la possibilité d'être vue par tous, les danseurs le demandent d'ailleurs! Lorsque nous guidons un groupe, nos interventions vont solliciter, contenir, stimuler... La plupart du temps, être au cœur du groupe permet de dynamiser et de construire des liens. Cette position aide à l'interaction de part notre présence qui peut sécuriser et sur laquelle les participants peuvent s'appuyer écrit Claire Bertin. Nous avons d'ailleurs vu avec notre formatrice que le centre, la périphérie ou la zone intermédiaire n'avaient pas les mêmes fonctions.

    A l'intérieur du cercle, sont aussi présents parfois d'autres danseurs! Plusieurs personnes dansent dans d'autres ateliers, certaines sont particulièrement à l'aise ou d'autres encore dansent depuis des dizaines d'années. Lorsque nous laissons le choix la plupart des danseurs apprécie qu'il y ait deux cercles concentriques avec au centre un plus petit cercle de personnes qui possèdent les pas afin de servir de «tuteur» au cercle extérieur. Nous procédons souvent de la sorte lorsque la danse est un peu plus compliquée. Les danseurs moins à l'aise prennent ainsi confiance et apprécient cet étayage rassurant. Je me souviens de cet apport de notre formatrice Laurence Auguste nous disant qu'il faut toujours passer par ce premier temps d'imitation pour qu'ensuite vienne l'appropriation du geste et enfin l'interprétation. 

     

     

     
     
     
     
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